Y a-t-il un parcours, une formation, un diplôme, une voie pour occuper le poste de directrice adjointe d’une Mission, Locale ? Je ne le crois pas. Il doit y avoir autant de profils et de vies différentes sur chacun de ces postes.
Mon parcours ? ma vie ? ou plutôt, mes vies ! Eh oui, il y en a plusieurs! Je vais essayer de vous en faire une synthèse…
Même si les années ont passé, je pense que les difficultés d’orientation n’ont pas changées pour les jeunes d’hier et d’aujourd’hui… J’ai passé un Bac A1 (français math) … et après ? Je n’avais aucune idée de l’après… J’avais une vague idée de travailler dans le social : Éducateur ? Éducateur technique ? Assistante sociale ? Je n’en savais rien… Alors ? Je me suis inscrite en FAC de lettres pour faire comme mes amis…
Cette première année de fac a été riche en rencontres, en découvertes mais pas forcément en travail. Le premier trimestre passé je me suis donc questionnée : Soit je me mettais réellement au travail, soit je poursuivais ma vie de jeune étudiante en l’assumant moi-même... Et si j’appelais l’ESTES ( l’Ecole Supérieure de Travail Educatif et Social) pour avancer dans mon idée de travail social, ou plutôt sur la formation d’assistant de service social… Du temps était passé, des rencontres aussi, et mon projet de travail social s’était précisé sans que je m’en rende compte.
3 années d’études plus tard, Diplôme d’Etat d’assistant de service social en poche me voici intégrée à l’équipe RMI de la Ville de Strasbourg. Une équipe dynamique qui m’a très vite fait comprendre qu’un diplôme c’est des connaissances, des compétences et qu’il est possible de les renforcer et de les faire évoluer comme on le souhaite, mais d’en développer d’autres. Alors, je développe…
Je développe des projets avec Pôle Emploi (ANPE à l’époque) avec des organismes de formation, CUS habitat, mais aussi des projets collectifs et ambitieux avec l’édition du premier guide pour les bénéficiaires du RMI (Retrouver Mon Indépendance).
2 ans plus tard, je change de braquet : je me positionne sur un poste de délégué à la tutelle aux majeurs protégés. Je découvre le monde de la psychiatrie, des conflits familiaux, mais aussi le travail avec la justice : forte de ces nouvelles découvertes je bascule ensuite sur une activité de coordination des dispositifs sociaux pour les bénéficiaires du RMI de la Ville de Strasbourg.
Le temps passe… Mais le temps lui n’attend pas ! Il était l’heure à présent de franchir un nouveau cap, aller à la découverte de nouveaux horizons, découvrir autre chose, un ailleurs pour assouvir ma soif de curiosité personnelle et me fixer de nouveaux challenges…Me voilà partie pour la Corse du Sud, ou rattachée au préfet et au Ministère de l’intérieur j’accompagne la restructuration des services . Je découvre une nouvelle vie : tout est à construire, je ne connais ni les lieux, ni personne sur place. Me voilà seule sur une île que je découvre de jour en jour.
Quinze jours après mon arrivée sur l’ile de Beauté, l’appartement juste en dessous du mien est la cible d’un attentat : pas de blessé, je rassure tout le monde, je découvre également cette manière de vivre.
Mon nouveau travail me plait beaucoup et l’environnement dans lequel je vis à présent aussi ! La vie insulaire n’a rien à voir avec la vie que nous connaissons : en cas de grève des bateaux : pas d’approvisionnement et les rayons des supermarchés se vident très vite ! En cas de grève des ports et aéroports plus moyen de quitter l’ile. Ces situations obligent à la solidarité : tout le monde se rend service en permanence.
C’est également en Corse que j’ai appris à faire du fromage de chèvre : tous les matins avant d’aller travailler avec le fermier de mon village nous faisions les mêmes gestes : traire les chèvres, faire cailler le lait, le mettre dans les cagettes pour le faire égoutter, saler et frotter les fromages. Chaque jour, tous les jours de l’année.
C’est aussi sur cette île magique que j’ai réalisé un rêve : faire un jour un triathlon. A 30 ans, j’ai commencé à nager, pédaler et courir en enchainant les 3 disciplines. De ce rêve est né un club (qui existe toujours avec 160 licenciés). Ce club et les amis avec lesquels nous l’avons bâti, m’ont amené à décrocher plusieurs titres internationaux de Championne d’Europe par équipe en Equipe de France et celui de de Championne d’Europe de longue distance où j’ai enchaîné 4 km de natation, 120kms de vélo et 30 kms de course à pieds.